« Je m’étonne que vous vous détourniez si promptement de celui qui vous a appelés par la grâce de Christ, pour passer à un autre Évangile. »

Galates 1.6

« Je suis une personne de principe ». Cette phrase, nous ne l’avons pas seulement entendue mais quelques-uns d’entre nous l’ont également prononcée, l’auteur de ces lignes en tête. Mais il y a un problème avec les principes. L’affirmation est grave mais pas gratuite, à la lecture de notre texte. 

La Galatie était une région de l’Antiquité située dans le centre de l’Asie Mineure, correspondant à une partie de l’actuelle Turquie. Elle tire son nom des Galates, un peuple celte venu d’Europe centrale vers le IIIᵉ siècle avant Jésus-Christ. Elle est également connue pour l’Épître aux Galates, une lettre du Nouveau Testament écrite par l’apôtre Paul aux chrétiens de la région. Il ressort de cette lettre qu’après avoir été gagné à Jésus, par l’Évangile prêché par l’apôtre (Galates 1.8, 11-12), les croyants ont laissé s’infiltrer parmi eux, un « autre Évangile ». Quelle était la différence ? Dans le premier, le salut de Dieu en Jésus-Christ annoncé à l’humanité est accordé « par la grâce …, par le moyen de la foi. Et… c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. » (Éphésiens 2.8-9). Dans le second, il était enseigné que le salut s’obtient également par les « œuvres de la loi », notamment la circoncision, une pratique qui, pour les Juifs, remonte à Abraham, et qui a été prescrite par Dieu comme le signe extérieur de l’alliance entre Lui, le patriarche et ses descendants (Genèse 17.10-11). Le gros hic avec cette version sulfureuse de l’Évangile, c’est que « tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction ; car il est écrit : Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique. » (Galates 3.10). Cette malédiction guette tout homme car aucun n’a gardé la loi juive, y compris ses plus fervents défenseurs. « Vous qui avez reçu la loi d’après des ordres d’anges, et qui ne l’avez point gardée ! » (Actes 7.53). 

Nous avons le même problème avec nos principes. En soi, ils ne sont pas nécessairement mauvais tant qu’ils sont essentiellement autorégulateurs et nous prescrivent des attitudes, des actions, des discours et des raisonnements qui se veulent conformes à la droiture, à la justice, au bon sens et à la bienséance. Toutefois, c’est notre tendance à nous justifier par elles qui en fait un problème. C’est peut-être valable devant les hommes mais critique devant Dieu car si «  nulle chair ne sera justifiée par les œuvres de la loi » (Galates 2.16), alors que la loi est « sainte, et le commandement est saint, juste et bon » (Romains 7.12), que dire de nos principes imparfaits, des principes parfois inconsistants et sur lesquels nous revenons souvent au gré de nos intérêts ? 

« En Jésus Christ, ni la circoncision ni l’incirconcision n’a de valeur, mais la foi qui est agissante par la charité » (Galates 5.6 ). « La loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi » (Galates 3.24). « Lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi, afin qu’il rachetât ceux qui étaient sous la loi… » (Galates 4.4-5). Sommes–nous encore sous nos principes ? En éprouvons-nous un sentiment de fierté ? Pensons-nous qu’elles ont assez de poids et de force pour nous rendre meilleures que les autres devant Dieu et nous obtenir son approbation et ses faveurs ? Ne commettons pas la terrible erreur d’être prétentieux et de nous confier en nos principes. Aux hommes rigoristes de son temps, Jésus a dit : « Ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades… je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs. » (Matthieu 9.12-13). Ce ne sont pas des hommes de principe que Jésus est venu appeler mais des hommes qui ont échoué à vivre selon des principes, des hommes pour qui Jésus représente leur seul espoir de justice et de salut.

Sois béni(e) abondamment !

Mardi, 18 mars 2025 — Freddy S.

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