« Je vous le dis, lorsque ce dernier descendit chez lui, il était considéré comme juste, mais pas le pharisien. En effet, toute personne qui s’élève sera abaissée, et celle qui s’abaisse sera élevée. »

Luc 18.14

On entend souvent dire, même de ceux qui ne sont pas vraiment chrétiens :– « Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. » Matthieu 20.16 ou « l’humilité précède la gloire » (Proverbes 15.33). La gloire ici c’est généralement une ascension sociale, une promotion au travail, une médaille décernée, un triomphe sur les « haters ». On peut se réjouir de la notoriété des paroles de sagesse citées, même si leurs références sont mal connues. En effet, il n’est pas incongru de penser que Dieu récompense l’humilité et punisse  l’orgueil dans le temps, dans plusieurs aspects et situations possibles de la vie. Néanmoins quand Jésus parle d’élévation et d’abaissement comme c’est le cas dans notre texte du jour, il fait allusion à des réalités bien plus grandes et plus profondes. 

Avant d’y arriver, Jésus, sur fond d’illustrations, met en scène deux personnes : l’un pharisien, l’autre publicain ou collecteur d’impôts (Luc 18.10-14). Tous deux montent au temple pour prier. Le premier c’est le grand donateur, la fine fleur de la société juive, l’homme de Dieu. Du moins il en a toutes les apparences. Lui-même le pense et il ne tarit pas d’éloges en son endroit. « Le pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je te rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont ravisseurs, injustes, adultères, ou même comme ce publicain; » (Luc, 18.11). Il a du cran et ce n’est pas l’estime de soi qui lui manque. Il s’offre même le luxe de tacler le publicain au passage. Pour cause, ce dernier n’était pas le genre de gars avec qui vous voudriez traîner. Il faisait partie de cette catégorie de personnes considérées comme des traîtres par leurs compatriotes, parce qu’ils prélevaient les impôts à la solde de l’occupant romain. Il faut ajouter à ce lourd passif, des marges bénéficiaires supplémentaires qu’ils se faisaient en extorquant les leurs. Notre publicain en avait bien conscience à tel point que « se tenant à distance, [il] n`osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine, en disant: O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur. » (Luc, 18.13). Le verdict de Jésus, au terme de ce récit, est sans appel : «Je vous le dis, celui-ci [le publicain] descendit dans sa maison justifié, plutôt que l`autre (le pharisien). Car quiconque s’élève sera abaissé, et celui qui s’abaisse sera élevé. » (V.14).

Vous l’avez sans doute noté : le pharisien s’est élevé en lui-même. Il s’est élevé par des pensées qui n’ont pas échappé à Dieu. En effet, « l’Éternel regarde au cœur » (1 Samuel 16.7). Le collecteur d’impôts, lui, s’est ouvertement rabaissé par sa repentance. Il en a montré les signes extérieurs, produisant ainsi « du fruit digne de la repentance » (Matthieu 3.8). Le sort final qui leur est ensuite réservé ne se décline pas en termes de condition matérielle, de statut et de position sociale, mais a tout à avoir avec le regard et le jugement éternel de Dieu sur chacun d’eux. Le premier, ignoré par Dieu, portera la peine de ses fautes inavouées et de son orgueil monstrueux. Le second en revanche accablé par la culpabilité sera justifié par Dieu. Toutes les charges retenues contre lui seront abandonnées. Jésus nous révèle ce que sont vraiment l’élévation et l’abaissement : le salut et la perdition éternelles. 

À quelle catégorie allons-nous nous identifier ? Quelle perception avons-nous de nous-mêmes ? Quelle image de nous dissimulons-nous dans nos pensées ? Il est facile de pointer du doigt le mégalomane narcissique qui s’exalte sans la moindre retenue, de fustiger le pharisien comme il l’a fait du publicain. Ne sommes-nous pas un peu comme lui ? Il est tellement tentant de penser «je ne suis pas comme le reste des hommes » car notre tendance naturelle est d’avoir de nous « une trop haute opinion » (Romains 12.8). Jésus nous invite à l’attitude opposée : celle d’une profonde humilité emprunte de  repentance. Celle-ci est conforme à la réalité car comme le collecteur d’impôts, nous avons de quoi nous frapper la poitrine en disant « O Dieu, sois apaisé envers moi, qui suis un pécheur ». « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. » (Romains 3.23). Aucun de nous n’est juste par ses œuvres, par ses paroles et par ses pensées. « Comment l’homme serait-il juste devant Dieu ? » (Job 9.2). Heureusement ce qui est impossible à l’homme est possible à Dieu. Si nous nous humilions, prions et cherchons la face de Dieu, si nous nous détournons de nos mauvaises voies, (1 Chroniques 7.14), reconnaissant que nous avons nous-aussi mérité Son saint courroux, alors non seulement Dieu jettera sur nous un regard favorable, mais encore Il nous élèvera à la position imméritée de justes. C’est précisément pour cette raison que Son Fils est venu. En Lui, Dieu justifie et bénit tout pécheur repentant (Romains 3.26). 

Sois béni(e) abondamment !

Lundi, 17 mars 2025 — Freddy S.

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