« Pressé par la soif, il (Samson) invoqua l’Éternel, et dit : C’est toi qui as permis par la main de ton serviteur cette grande délivrance ; et maintenant mourrais-je de soif, et tomberais-je entre les mains des incirconcis ? Dieu fendit la cavité du rocher qui est à Léchi, et il en sortit de l’eau. Samson but, son esprit se ranima, et il reprit vie. C’est de là qu’on a appelé cette source En Hakkoré ; elle existe encore aujourd’hui à Léchi. »
Juges 15.18-19
Léchi (III)
Nous voyons maintenant Samson, sacré vainqueur de son combat contre une troupe d’un millier de Philistins, en situation d’extrême vulnérabilité. Il est dominé par la soif d’eau. La déshydratation s’est révélée plus puissante que toute une armée réunie. Entre 2021 et 2024, on a enregistré le décès de plusieurs bodybuilders renommés des suites de crises cardiaques. Ces armoires à glace ont été prises en traître par leurs propres cœurs. Aussi impressionnante que soit parfois la force physique, il existe bien des situations où elle est de toute évidence inutile.
Nos atouts, nos facultés extérieures, nos talents et nos prouesses s’évanouissent parfois devant ces petits organismes, souvent invisibles à l’œil nu, que sont les microbes. Ils ne peuvent non plus parer à des accidents de toute nature, qu’ils soient vasculaires, cérébraux ou traumatiques. Une infection, une carence, une tumeur, une déficience nous réduisent à une impuissance navrante, parfois même désespérante. Permises par notre Créateur dans un monde déchu, marqué par le péché et la souffrance, elles sont un rappel de notre fragilité et de notre besoin de dépendance envers Lui. « En Lui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17.28). « L’homme ne peut pas retenir l’esprit, il ne peut pas le maîtriser dans le jour de la mort ; il n’a pas de pouvoir sur le jour du combat… » (Ecclésiaste 8.8).
Samson, le surhomme israélite, en a fait l’expérience. Lui qui comptait ses exploits sans nécessairement les attribuer à Dieu – « Avec une mâchoire d’âne, un monceau, deux monceaux ; j’ai tué mille hommes » (Juges 15.16) – s’est vu contraint par la soif d’invoquer le Seigneur et de Lui rendre gloire. Face à une telle fragilité, que valait son trophée de guerre ? « Vanité, poursuite du vent », dirait l’Ecclésiaste. Il serait, selon ses propres termes, tombé « entre les mains des incirconcis », comme ceux qu’il venait de tuer par milliers et d’entasser par monceaux.
Tirons instruction de cet épisode. N’attendons pas d’être acculés par les dures et tristes réalités de notre condition humaine pour nous confier en Dieu et dépendre de Lui en tout point. « Que le fort ne se glorifie pas de sa force… mais que celui qui se glorifie se glorifie de ceci : qu’il entende et qu’il connaisse que c’est moi, l’Éternel, qui exerce la bonté, le droit et la justice sur la terre ; car c’est là ce qui me plaît » (Jérémie 9.24). Le Fils de Dieu nous parle de cette foi et de cette dépendance à travers une image particulièrement frappante : « Je suis le vrai cep, et mon Père est le vigneron. Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s’il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez pas en moi » (Jean 15.1,4).
Prenons garde à ne pas nous reposer sur nos propres forces. Elles finiront par nous trahir et nous abandonner. Confions-nous en Dieu, dont la capacité, au contraire, ne nous fera jamais défaut.
Sois béni(e) abondamment !
Mercredi, 26 février 2025 — Freddy S.

