« En disant : Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il fils ? Ils lui répondirent : De David. Et Jésus leur dit : Comment donc David, animé par l’Esprit, l’appelle-t-il Seigneur, lorsqu’il dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite, Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied ? […] La pierre qu’ont rejetée ceux qui bâtissaient est devenue la principale de l’angle. »

Matthieu 21.42-44, Psaumes 118.22

N’est-il pas curieux qu’une parole de l’Écriture soit citée et appliquée à deux époques différentes, deux situations mettant en scène des protagonistes différents ?

Tel est le cas des versets du jour. Alors que dans l’un, il est question de la célébration par Israël de sa sortie de Babylone, où elle a été captive, et de la difficile reconstruction du temple, dans l’autre, le Seigneur lui-même parle de son élévation glorieuse qui fera suite à son rejet par la nation juive. L’interprétation de cette parole est-elle à propos ? Pourquoi n’est-elle pas confinée au passé pour décrire tout juste le retour modeste sur sa terre natale d’un peuple fraîchement affranchi et méprisé de ses voisins immédiats ? Y a-t-il un rapport avec le Fils de Dieu en butte à l’opposition de ses contemporains ?

Bien sûr qu’il existe des similitudes. Le Seigneur partage avec Israël, autrefois sous la domination perse, une apparence, une allure et une carrière dont les débuts, jugés insignifiants au premier regard incrédule et impie, ne laissent aucunement présager une fin éclatante. Outre ces observations théologiques, il y en a aussi une de pratique : ne jamais mépriser les faibles commencements ; la fin d’une chose vaut mieux que son commencement ; ou encore, il faut se méfier des apparences et regarder au-delà.

Mais deux vérités beaucoup plus grandes se dégagent du caractère parfois polysémique des Écritures. La première : la valeur éternelle qu’a la Parole de Dieu, dont la richesse, la profondeur et l’efficacité transcendent les époques et l’espace (1 Pierre 1.25 ; Psaume 119.89). Seul son auteur en fixe la trajectoire et la visée (Ésaïe 55.11). Elle ne saurait être enfermée dans des vues et interprétations humaines (2 Pierre 1.20-21). Elle nous dépasse complètement, et toute tentative d’instrumentalisation par nous serait vaine.

La seconde : elle culmine dans la progression de sa révélation et ne s’accomplit pleinement qu’en Dieu à travers Jésus-Christ (Jean 5.39 ; Luc 24.27).

Pour revenir à nos textes, Israël et son temple, en tant que pierre angulaire rejetée par les bâtisseurs du monde, s’avèrent n’être que des types préfigurant le Fils unique de Dieu et véritable Temple de l’Éternel (Jean 3.16 ; 2.19-21). À l’aune de Jésus-Christ, nous voyons l’Écriture ; et à l’aune de l’Écriture, nous voyons le Seigneur. Alors, tout s’éclaire et devient limpide.

Sois béni(e) abondamment !

Jeudi, 06 février 2025 — Freddy S.

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